Location : point de rupture prévisible ?

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Quel est l’avenir pour la location de matériels en France ? Dans ce nouveau passage à vide pour la profession après des années étincelantes post-Covid, quelle stratégie de viabilité opter ? Florent Putoud, président de Maxiloc, nous donne l’avis d’un professionnel doté d’une solide expérience dans ce domaine.

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En presque 30 ans, j’ai traversé différentes crises, plus ou moins sévères, laissant chacune leurs séquelles. Celle que l’on vit aujourd’hui témoigne d’un contexte vraiment défavorable, limitant nos marges de manœuvres habituelles. Car si la guerre des prix n’est pas nouvelle, les conséquences d’une l’inflation exacerbée sont plus qu’impactantes pour nos activités. Notamment si on regarde la flambée spéculative des prix des matériels suite à la pandémie. Ou encore les postes de charges : énergies, recrutement, salaires sans véritable gain qualitatif ”, constate Florent Putoud, un patron néanmoins serein grâce à la solidité de son organisation mais aussi réaliste face aux grands changements sociétaux.

Rassurez-vous, Maxiloc, en se différenciant par des investissements dans des gros matériels spécifiques et techniques comme en démolition, fondations ou encore tranchage, connait une activité aussi stable que solide.

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Le pari pris d’acquérir un parc de bulls et de pelles Komatsu guidées 3D avec les services associés (création de plans numériques et rapports de chantier) pouvait sembler téméraire à l’époque mais aujourd’hui largement gagnant et rentable. “ L’association sur mesure de machines et d’outils parfaitement adaptés garantit à nos clients efficacité et productivité accrues. Avec de tels systèmes de guidage précis au m³ près, plus d’erreurs ou de gaspillages d’heures d’exploitation. On offre aussi un suivi de chantier en temps réel consultable à distance, avec la possibilité de transmettre des rapports étayés des travaux réalisés”, ajoute Florent. Autant de solutions techniques en adéquation avec les politiques RSE des entreprises et leur volonté de limiter leur empreinte carbone.

Demain alors

La structuration du marché de la location en France donne cette impression malsaine d’une strate d’acteurs en trop, les loueurs de taille intermédiaire, pas assez gros pour faire de la location uniquement un métier de financier mais pas assez petits pour être vraiment agiles.

“Je vous livre mon scénario pour l’avenir, des majors qui continueront de croitre via les fusions acquisitions et des petites structures qui perdureront sur plan uniquement local. Entre les deux, point de salut”, reprend le chef d’entreprise. Le juge de paix sera toujours et encore sa capacité à investir pour rajeunir le parc ou consolider sa différenciation. Ceci à un prix, la confiance des banques, qui demanderont non seulement de plus en plus de garanties mais aussi des engagements écologiques, imposant à court terme l’établissement d’un bilan carbone.

Pour autant et malgré tout, la location reste un outil d’ajustement extraordinaire pour toutes les entreprises du BTP, dans une logique de flexibilité et de mutualisation des moyens (économie circulaire). L’absence de visibilité des chantiers à venir, même à court terme nécessite une grande réactivité, pierre angulaire de l’ADN de Maxiloc; en proposant un service à la carte, avec ou sans opérateur, bien souvent dans des délais extrêmement courts, s’appuyant notamment sur son parc de machines de 20 M€ et sa vingtaine d’opérateurs expérimentés. Enfin et peut être le plus important, la volonté de continuer à étonner le marché et se distinguer pour faciliter encore et toujours la vie des entrepreneurs.

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