Scania France, nouvelle direction et plein phare sur les énergies alternatives

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Benoît Tanguy succède à Carl Pattyn à la présidence de Scania France

Après la Colombie et un passage en Europe de l’Est, Benoît Tanguy prend la Présidence de Scania France. Carl Pattyn, son prédécesseur, 3 ans en France, rappelle avant de partir le défi financier, technologique et humain que représente une mobilité décarbonée notamment en électrique sur batteries. Le marché n’est pas prêt à ses yeux et l’alternative réaliste de Scania est de proposer toutes les solutions possibles de motorisation dont un B100 exclusif et le GNV redevant économiquement intéressant à la pompe.

2023 marque le retour de Scania à des hauts niveaux de production avec plus de 90 000 véhicules facturés (80 000 en 2022) et des délais de livraisons repassant sous les 1 an. Le chiffre d’affaires du groupe suit la même courbe ascendante avec une croissance de 30 % à plus de 18 Mds€, une marge opérationnelle multipliée par 2, réinjectée principalement en R&D dans le développement de moteurs gaz et modernisation de son réseau. Les effectifs globaux du groupe approchent les 60 000 salariés même si en France les techniciens manquent à l’appel où 65 postes sont à pourvoir dans le réseau sur les 400 présents.

Côté chiffres, le marché français des véhicules de 16 t et + est de 44 398 immatriculations, soit une augmentation de 12,4 % par rapport à 2022 (39 493 unités). Scania approche les 6 000 véhicules, à 13,4% de parts de marché, en hausse à la 4ème place, avec un résultat décevant pour Eric Darné, directeur commercial sur les porteurs, à 10,6 %, à 0, 1% de Volvo. Pour autant, la marque au griffon se maintient sur le seul segment de la construction au dessus des 13 % de PDM. Toujours bien en tête du classement, notre champion national Renault qui cumule toujours près de 40 % de PDM sur les porteurs, Mercedes 2ème avec 15%.

Le dig tour 2024

Les énergies alternatives

Scania revendique toujours l’offre la plus large du marché en motorisations, thermique diesel et carburants alternatifs (B100 exclusif ou non), gaz et biogaz, hybride, électrique à batteries. A ce jour, sa stratégie de développement sur l’alternatif se joue à plusieurs niveaux. En premier lieu l’optimisation du rendement énergétique des moteurs existants. Le premier bilan sur 3 ans des moteurs série Super disponibles sur des puissances de 420, 460, 500 et 560 ch fait état d’une réduction de consommation comprise entre 8 et 12 %.

Et pour les moteurs gaz/biogaz 420 et 460 ch, la baisse serait de 5 à 10 % et de 80 % de moins de C02 (biogaz), tout comme avec son moteur B100 exclusif, effaçant 60 % de son empreinte carbone. Sur la partie électrification pure, avec 90 % de C02 en moins, Scania offre pour l’instant une gamme urbaine et régionale en tracteur et porteur, toutes cabines sur des puissances de 230 et 450 kW avec deux packs batteries disponibles, 416 ou 624 kw/h de capacité. Le lancement de l’offre longue distance doit encore attendre la validation de nouvelles technologies de batteries. Si on intègre le modèle hybride PEHV, les solutions carburants alternatives représentent 20 % des ventes 2023 pour Scania France.

Plus près de nos préoccupations, Scania travaille en partenariat avec des gros acteurs de l’extraction et des cimentiers pour implanter du porteur routier renforcé pour porter jusqu’à 40 t de charge utile et offrant une réduction de l’empreinte carbone de 65 %, une consommation moyenne de 9,4 l, à comparer avec tombereau rigide de chantier de même tonnage dont la consommation dépasse les 20 l/h et au confort beaucoup plus spartiate. Sans oublier le poste pneumatiques qui n’a rien à voir.

Un réseau en phase

Pour accueillir l’électrique dans le réseau tout en rendant ses infrastructures neutres en carbone Scania France a investi quelques 12 M€ dans ses ateliers et la formation et 20 M€ dans l’amélioration thermique de ses bâtiments.

Le développement du programme E-mobilité Services de Scania se joue tant au niveau des équipes de ventes que des points services. Une vingtaine d’entre eux sont d’ores et déjà certifiés en niveau 1 (intervention sur la partie électrique haute tension 600 V), en priorité en zone urbaine où déjà des porteurs BEV tournent. A fin 2024, sur les 110 sites Scania en France, plus de 70 vont être certifiés niveau 1 et 20 niveau 2 (outillage spécifique et expertise pointus des techniciens).

L’actualité 2023 pour le réseau en France s’axe sur l’ouverture de 3 nouvelles carrosseries à Tours (37), Beaurepaire (84) et Bordeaux (33), l’extension du site de Valence, l’intégration dans le réseau de Coulommiers Poids Lourds (77) et l’ouverture de Saint-Dizier (52). En 2024, seront inaugurés Metz (57) et Caen (14), ainsi que Rennes et Nantes en carrosserie, avec l’extension des garages d’Andrézieux (42) et Cherbourg (50). Au niveau proximité, un point de services en propre (110 gérés par 38 succursales) est à moins de 40 km pour 80 % des utilisateurs et la même chose du côté des indépendants (72 sites privés).

Nadine Fribourg Blanc en tant que directrice réseau et stratégies services succède à Stéphane Boidin qui en Suède sera coordinateur de la transition énergétique du groupe. Nadine sera quant à elle la garante de la feuille de route de Scania France pour décarboner son activité. A ce stade, la filiale a atteint 11 % de réduction sur le Scope 1, 99 % sur le Scope 2 et 25 % (amont) / 8 % (aval) sur le Scope 3. Des performances plus ou moins en phase avec les objectifs 2025, qui visent – 50 % de CO2 générées par les activités propres à Scania France (Scopes 1 et 2) et – 20 % de CO2 issus de l’exploitation des véhicules par rapport à 2015 (Scope 3).

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